Parcours
Docteur en sociologie depuis 2005, qualifié à la fonction de Maître de Conférences, j'ai commencé une carrière universitaire à l'Université de Lille III et comme chercheur rattaché au GSRL — EPHE, CNRS (Paris, Sorbonne) dirigé par Jean-Paul Willaime. J'y rencontre des chercheurs comme mon collègue et cher camarade Sébastien Fath. Des figures illustres comme Émile Poulat, ou encore Jean Séguy qui fit un chapitre posthume de mon ouvrage dirigé avec Régis Dericquebourg, Ces protestants que l'on dit adventistes. Jean Baubérot fit également l'honneur d'y consacrer un chapitre. Une partie de mon activité reste inscrite dans l'étude des dynamiques sociales collectives, notamment dans le milieu religieux protestant. Les liens entre éthiques protestantes adventistes et santé m'ont conduit rapidement à m'intéresser aux professionnels de santé. Ce travail de terrain m'a appris très tôt que comprendre un collectif suppose d'écouter ses raisons — et non de les juger.
J'ai été très impliqué dans la vie associative et ai fondé les commémorations des abolitions de l'Esclavage et des traites négrières dans le Nord de la France suite à la loi Taubira de 2001. Ce fut l'occasion d'échanger avec personnalités, leaders politiques, chercheurs et décideurs sur cette thématique, tout en gardant une distance sociologique. Christiane Taubira, Lilian Thuram, Alain Guédé, Élie Domota, Claude Ribbe… furent des rencontres majeures. L'ancien festival Fest'Africa fut aussi un moment de rencontre avec Ernest Pépin, qui orienta énormément ma perception des enjeux éthiques pour les minorités.
Étudiant, rédacteur pour des journaux, je chroniquais et interviewais pour le Furet du Nord les auteurs lors de rencontres littéraires. Les académiciens Hector Bianciotti, Jean d'Ormesson et surtout Michel Serres.
Parallèlement à ces engagements, depuis 2005, année d'obtention de mon doctorat, j'ai enseigné au sein d'institutions comme l'École de Sage-Femmes et de Maïeutique de l'Université Catholique de Lille, l'Institut Gernez Rieux, divers IFSI… du Nord de la France jusqu'à l'Yonne. La rencontre avec des étudiants impliqués, des cadres de santé dévoués, a depuis sans cesse été déterminante.
La crise sanitaire de la Covid-19 a été un tournant. Sollicité par la Direction Générale des Soins du CHU de Lille, j'ai accompagné les cadres dans le changement brutal et les interrogations qu'entraînaient la pandémie et le confinement sur leurs missions et le sens de leurs actions.
Depuis, je ne cesse d'amplifier progressivement mon engagement. À ce titre, la création du cabinet SAEXFO est une réponse à la demande des cadres de santé pour construire avec eux des réponses différentes, réalistes, efficientes et simples à mettre en place, pour permettre à l'hôpital, malgré le contexte tendu, d'atteindre ses objectifs en s'appuyant sur sa principale ressource : les équipes soignantes.
Mes spécialités
Trois lignes de travail structurent mon activité d'intervention :
- Management en santé. Comment consolider les pratiques managériales hospitalières en mobilisant la sociologie comme outil de décodage et d'action ?
- Éthique et interculturalité en contexte de soins. Comment soignants et patients se rencontrent-ils quand leurs mondes culturels, religieux et moraux diffèrent ? Comment former les professionnels à cette rencontre ?
- Sociologie du religieux. Une thématique que je poursuis sur mon blog dixmai.com et via mes interventions à Radio Vie Meilleure en Guadeloupe.
Ma posture
Je ne viens pas à l'hôpital pour faire de la sociologie. J'y viens pour mettre la sociologie à disposition — comme on met un outil à disposition, à portée de main, utilisable demain matin. Toutes mes missions permettent de traduire les sciences sociales en clefs pratiques pour les professionnels de santé. Au bout de chaque mot, chaque formation, chaque conseil, l'intervention doit participer à la QVCT, à la sécurité des soins et au bien-être du patient dans son environnement.
Le manager en santé sociologisant
C'est la figure conceptuelle que je propose depuis plusieurs années aux cadres et aux directions hospitaliers. Un manager en santé sociologisant n'est pas un manager qui se prendrait pour un sociologue. C'est un manager qui a intégré, dans son outillage professionnel quotidien, quelques clefs de lecture sociologiques qui lui permettent de :
- Décoder les tensions qui traversent son équipe sans les réduire à des problèmes de personnes ;
- Reconnaître les différents régimes d'engagement (Thévenot) qui coexistent dans un service ;
- Comprendre pourquoi ses collaborateurs ont de bonnes raisons d'agir comme ils le font, même quand cela le surprend (Boudon) ;
- Distinguer les différentes formes de rationalité à l'œuvre dans son établissement (Weber) ;
- Considérer son service comme un commun à gouverner collectivement (Ostrom).
Ces clefs ne remplacent ni l'expérience, ni l'intuition, ni la compétence managériale. Elles les augmentent. Elles donnent aux cadres une lucidité supplémentaire et, surtout, des mots pour nommer ce qu'ils ressentent déjà confusément.
Cadre théorique mobilisé
Mon travail s'appuie sur un corpus d'auteurs que je mets régulièrement en dialogue :
Au-delà du conseil : l'accessibilité pratique des sciences humaines et managériales
Je conçois mon activité comme une sociologie publique. Les savoirs produits par la recherche n'ont d'intérêt que s'ils circulent — vers les professionnels, vers les étudiants, vers les décideurs, vers le grand public.
C'est pourquoi, en plus de mes interventions en formation et en conseil, je publie régulièrement des articles longs sur ce site, des versions courtes sur LinkedIn, des réflexions sur mon blog Sociologiser, et j'interviens sur la Radio Vie Meilleure (Guadeloupe) pour aborder des enjeux de société à partir de ma discipline.
Ce site est l'un des instruments de cette circulation. Il est conçu pour être utile — aux cadres en poste, aux étudiants en formation, aux directions en réflexion, et à tout autre usager qui peut alimenter sa réflexion et désire me joindre.
